Partager l'article ! Barbara Anna Jeanne Enriqué : "La mystérieuse poudre ocrée": &n ...
La fraîcheur du soir dans ces montagnes vient les soulager, les conifères, nombreux, créent une humidité qui plaque au sol cette poussière trop envahissante. Jeanine en profite pour exécuter un dernier passag d’aspirateur et ouvre toutes les fenêtres. Elle secoue toutes les couettes de chambres à l’extérieur Leurs poumons s’emplissent enfin d’un air pur et dénué de poussière. Ils prennent à tour de rôle une douche pour ôter les dernières traces de cette substance collée à leur peau, ils rincent à l’eau claire leurs yeux et leurs bouches irrités. C’est un grand soulagement pour eux de constater que le fait d’éliminer cette poudre diminue leur toux. Elle n’est donc pas toxique a priori... Jeanine peut enfin s’activer aux fourneaux où elle mitonne de bons petits plats, et les heures s’égrainent à une vitesse folle, les enfants ne vont pas tarder à arriver et tout est prêt pour les recevoir. Guillaume prend le frais sur une chaise longue, il fume sa pipe dont il n’avait pas pu se servir vu les conditions atmosphériques de ces dernières heures, chargées de cette mystérieuse poudre ocrée.
Françoise, plus inquiète qu’elle n’a voulu le laisser paraître à sa mère, a contacté ses frères. Michel va venir la chercher avec son véhicule pour qu’ils fassent le trajet ensemble, il n’a pas hésité une seconde après son coup de fil, il arrivera dans quelques minutes. Il ne lui a pas caché son inquiétude lorsqu’elle lui a narré sa conversation avec leur mère. Il veut en avoir le cœur net. Paul, quant à lui, ne pourra pas se libérer, le carnet de commandes de son patron est plein et il doit les honorer dans les plus brefs délais, il les rejoindra plus tard. Michel a fait le plein d’essence avant de passer prendre Françoise et ils prennent la direction du chalet sans attendre. La route, ils la connaissent par cœur, ils savent que plus ils vont monter, plus elle sera sinueuse avec des virages en lacets. Heureusement que ce n’est pas la saison où le brouillard épais rend inaccessible les hauteurs et rend nulle la visibilité. Ils réduisent au pas leur allure dans les passages trop dangereux. Pendant tout le trajet, ils papotent de tout, de rien, de leurs études qui s’achèvent et de leurs rêves. Ils ne prononcent pas un mot sur le phénomène qui préoccupe leurs parents, ils n’ont pas assez d’éléments et ils ne veulent pas accentuer leur inquiétude mutuelle avec des hypothèses sans fondement. Michel est un excellent conducteur et il avale les kilomètres d’une main sûre,le ciel est entre chien et loup maintenant, il allume les phares pour signaler sa présence aux voitures, plutôt rares, qui pourraient éventuellement arriver à contresens sur cette route dangereuse où les accidents ne sont pas rares pour des touristes non avertis et non prudents. Ils ne sont plus qu’à quelques centaines de mètres du chalet lorsque les phares du véhicule, qui balaient la route,accrochent des milliers et des milliers de points lumineux un peu partout, ils se regardent, incrédules...
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